Bulletin des Élections de l’Union Européenne
Élections parlementaires aux Pays-Bas, 17 mars 2021
Numéro #1
Défilement

Numéro

Numéro #1

Auteurs

Simon Otjes

21x29,7cm - 107 pages Issue #1, Septembre 2021 24,00€

Élections en Europe : décembre 2020 – mai 2021

Introduction

En 2021, les électeurs néerlandais ont élu le parlement le plus divisé de l’histoire des Pays-Bas. Dans ce paysage fractionné, la coalition de centre-droit a conservé sa majorité. La coalition a bénéficié d’un large soutien populaire pour sa politique de gestion de la Covid-19 et n’a pas souffert du scandale des allocations familiales qui a provoqué la démission du gouvernement trois mois avant l’élection. Cet article examine les tendances paradoxales se manifestant au sein d’un électorat qui, d’une part, délaisse les partis établis au profit de nouveaux partis plus petits et, d’autre part, plébiscite les partis gouvernementaux.

Dans cet article, je présenterai le contexte des élections, notamment la pandémie de la Covid-19 et le scandale des allocations familiales. J’examinerai ensuite les résultats des élections pour chacun des partis et j’aborderai enfin brièvement la « deuxième temps » des élections, à savoir la formation d’un nouveau gouvernement et ses conséquences probables sur l’intégration européenne.

Le contexte social et politique

Les élections générales néerlandaises, comme la plupart des élections en 2020 et 2021, ont eu lieu dans le contexte de la pandémie mondiale de Covid-19. Aux Pays-Bas, un scandale plus spécifique a également éclaté à propos des allocations familiales.

La pandémie

Depuis le début de la pandémie, la confiance dans le gouvernement néerlandais a fortement augmenté (Van der Meer et al. 2020). En décembre, le gouvernement avait introduit de nouvelles mesures pour prévenir la troisième vague ; ces mesures incluaient la mise en place d’un couvre-feu général à neuf heures. En général, les électeurs néerlandais ont soutenu les mesures prises par le gouvernement pour contenir la propagation de l’épidémie. Cela a conduit à une forte augmentation du taux de soutien au Parti libéral (VVD, Renew) du Premier ministre Mark Rutte dans les sondages. Le parti a donc décidé d’axer sa campagne électorale sur le leadership de Mark Rutte.

La Covid-19 a largement affecté la campagne. Elle a empêché les partis de la mener en personne. De ce fait, ils se sont appuyés sur les médias ; les trois débats télévisés se sont avérés particulièrement décisifs.

La Covid-19 a également empêché d’autres thématiques d’occuper le débat public. Les partis ont certes consciencieusement débattu de thèmes tels que le climat, les soins de santé et l’immigration, mais aucun de ces thèmes n’a véritablement dominé le débat politique, car la véritable question était de savoir à qui les électeurs feraient confiance pour sortir les Pays-Bas de la pandémie.

Le scandale des allocations familiales

En janvier 2021, la coalition gouvernementale néerlandaise composée du VVD, du CDA (PPE), des D66 (RE) et de la CU (PPE) avait démissionné à la suite d’un scandale concernant les allocations familiales. Aux Pays-Bas, la plupart des familles ayant des enfants de moins de quatre ans reçoivent des allocations pour payer la garde de leurs enfants. Dans un excès de zèle pour lutter contre la fraude, le gouvernement néerlandais avait ruiné des milliers de familles qui n’avaient commis que des infractions mineures ou qui avaient, à leur insu, passé des contrats avec des sociétés de garde d’enfants frauduleuses. Le gouvernement avait spécifiquement enquêté sur les familles ayant une double nationalité (Otjes 2021a). En outre, le gouvernement a toujours fourni de fausses informations au Parlement lorsque celui-ci l’a interrogé sur le sujet. Il a par ailleurs démissionné avant un débat parlementaire qui devait porter sur le rapport d’une commission d’enquête parlementaire traitant de ce sujet. Il en résulte que la question n’a jamais été fortement politisée.

Les résultats

Les élections ont vu émergé un parlement très fragmenté (voir encart « les données »). Pas moins de dix-sept partis ont été élus au Parlement, contre quatorze lors de l’élection précédente. Le plus grand d’entre eux (le VVD, parti au pouvoir) ne dispose que de 34 sièges sur 150. Cela implique que le nombre effectif de partis parlementaires, une mesure standard de la fractionnalisation en science politique (Laakso & Taagepera 1979), est également assez élevé : 8,5 contre 8,1 lors du mandat précédent. Il était de 5,3 en moyenne au cours des 100 dernières années. Les Pays-Bas ont un système électoral extrêmement proportionnel où la proportion des votes se traduit presque parfaitement en nombre de sièges.

La volatilité des élections s’avèrent relativement faible: seuls 14% des sièges changent de main. Il s’agit du plus faible niveau de volatilité depuis plus de vingt-cinq ans. Les partis gouvernementaux ont été particulièrement épargnés : alors qu’ils perdent habituellement des sièges aux élections, ils ont cette fois conservé leur majorité. C’est la première fois depuis les élections de 2003 que les partis soutenant le gouvernement ont conservé leur majorité et la première fois depuis les élections de 1998 qu’ils ont augmenté leur nombre de voix. Cet effet s’explique par la confiance accordée à Rutte en tant que gestionnaire de crise et par le fait que l’offre la plus convaincante de remise en cause de son leadership est venue de D66, son propre partenaire de coalition.

Le taux de participation a été relativement élevé malgré la pandémie de Covid-19 : 79% des électeurs néerlandais ont voté. Le taux de participation était légèrement inférieur à celui de 2017 (82%). Mais il était plus élevé que le résultat moyen de la participation au cours des vingt dernières années. Le gouvernement a en effet tenté d’encourager la participation en autorisant les électeurs à voter en personne sur une période trois jours, en permettant aux personnes âgées de plus de 70 ans de voter par correspondance et en autorisant les personnes à exprimer trois votes par procuration au lieu de deux.

Afin de comprendre le paysage politique, les tendances géographiques et sociodémographiques, il peut être utile de suivre les résultats par parti. Nous les examinons ici en neuf groupes : le VVD, D66 et le CDA sont examinés séparément, suivis de la droite radicale (PVV, FVD, JA21), de la gauche traditionnelle (PvdA et SP), de la nouvelle gauche (GL, PvdD et Volt), des petits partis chrétiens (CU et SGP), des partis ancrés dans les communautés de migrants (Denk et Bij1) et des partis représentant des communautés spécifiques (50PLUS et BBB). Sauf indication contraire, les données démographiques rapportées ci-dessous proviennent d’un sondage réalisé par Ipsos (Harteveld & Van Heck 2021).

Le leader libéral

Pendant plus de dix ans, le Parti libéral (VVD, RE) du Premier ministre Mark Rutte a gouverné le pays dans des coalitions changeantes. Le parti peut être qualifié de « libéral conservateur » et se situe à droite de la famille libérale européenne. Il privilégie les solutions de marché aux problèmes économiques. Pendant la crise du Covid-19, le parti a dévié de son conservatisme fiscal et a soutenu un programme massif visant à maintenir les travailleurs néerlandais au travail et les entreprises à flot pendant la crise économique. Sur les questions culturelles, le parti mêle des positions conservatrices sur l’immigration et l’ordre public avec des positions progressistes sur des questions morales telles que l’euthanasie et les relations homosexuelles. Le parti se décrit comme « euro-réaliste » : il soutient l’intégration européenne lorsqu’elle est bénéfique pour les intérêts des Pays-Bas, notamment pour l’économie.

Pendant plus d’un an, les sondages ont indiqué que le VVD augmenterait le nombre de ses sièges lors des prochaines élections. En janvier, le sondage du Peilingwijzer avait indiqué que près de 30% des électeurs néerlandais voteraient pour le VVD (Louwerse 2021). La performance de Rutte en tant que gestionnaire de crise a été saluée par les électeurs. et l’annonce de mesures plus strictes pour enrayer l’épidémie a augmenté sa base de soutien ainsi que celle de son parti. Les sondages ont clairement indiqué que depuis le début de la crise, la cote de Rutte auprès des électeurs avait fortement augmenté (Kanne & Driessen 2021). Le résultat (22% des voix) s’est avéré considérablement inférieur aux attentes du parti au cours des mois précédant l’élection. Le parti a néanmoins conservé sa position de favori.

Le VVD était le premier parti dans presque toutes les municipalités et était particulièrement fort dans les grandes villes et les villes de banlieue des trois provinces les plus peuplées : Hollande du Nord, Hollande du Sud et Brabant du Nord. Il a obtenu de meilleurs résultats chez les hommes, les électeurs très instruits et les électeurs d’âge moyen.

Le challenger libéral

Les Démocrates 66 (D66, Renew), qui faisaient également partie de la coalition gouvernementale, ont brisé la « règle », vérifiée depuis 40 ans, selon laquelle leur participation à un gouvernement entraînait une réduction de moitié du nombre de leurs sièges aux élections suivantes. Cette fois, au contraire, leur part de voix a augmenté, les D66 devenant même la deuxième formation le plus importante avec 16% des suffrages. Leur leader, la ministre en exercice de la Coopération au développement et du Commerce extérieur Sigrid Kaag (D66, Renew), s’est particulièrement démarquée lors des débats. Alors qu’en janvier, le parti recueillait moins de 10% des voix, Sigrid Kaag a réussi à gagner le soutien des électeurs progressistes en leur promettant un nouveau leadership, se présentant comme l’alternative progressiste à Mark Rutte.

D66 est un parti social-libéral qui se situe au centre de la famille libérale européenne. Il soutient des actions fortes pour lutter contre le changement climatique, est farouchement pro-européen et progressiste sur les questions morales, telles que l’émancipation des femmes et des LBGTI+. Il mélange des positions de gauche et de droite sur l’économie, en préconisant par exemple des investissements dans l’éducation mais aussi un système de retraite plus libéralisé. Sur la politique de la Covid-19, D66 se distancie quelque peu du gouvernement, notamment en prônant une plus grande liberté pour les personnes vaccinées et la fin du couvre-feu. Le parti souhaite que les Pays-Bas adoptent une identité multiculturelle et cosmopolite. Sur la question de l’identité nationale, Kaag s’est fortement opposé à Geert Wilders (PVV, I&D), qui l’a accusée de trahir les Pays-Bas en portant un foulard lors d’une visite en Iran. Kaag s’est défendue avec vigueur et assurance en affirmant qu’elle avait agi dans l’intérêt national en se rendant en Iran et en plaidant pour la paix dans la région.

Les D66 ont obtenu de bons résultats dans les grandes villes, notamment à Amsterdam, Rotterdam et La Haye ainsi que dans les villes universitaires, tels que Utrecht-Wageningen, Leiden et Groningue. Le parti a obtenu ses meilleurs résultats parmi les électeurs ayant un niveau d’éducation plus élevé, les femmes et les jeunes. Ce dernier point est particulièrement remarquable car en 2017 (contrairement à 2021), D66 avait un électorat majoritairement masculin (NOS 2017). Cela indique clairement que Kaag est parvenu à convaincre les électrices avec sa candidature.

L’échec des chrétien-démocrates

L’Appel chrétien-démocrate (CDA, PPE) est en proie à des problèmes de leadership. Le parti avait organisé une élection interne pour se choisir un nouveau leader, et Hugo de Jonge (CDA, PPE), le ministre de la Santé, responsable de la politique anti-Covid-19, avait remporté cette élection. Cependant, il avait dû démissionner moins de six mois après son élection, car il lui était impossible de concilier la lutte contre la Covid-19 et sa campagne électorale. Il avait alors été remplacé par Wopke Hoekstra (CDA, PPE), le ministre des Finances, qui avait choisi de ne pas se présenter à l’élection interne. Hoekstra était perçu comme un dirigeant idéal pour le CDA, capable de remplacer Mark Rutte au poste de Premier ministre et ainsi de permettre au CDA de redevenir le plus grand parti du pays, un rang qu’il avait occupé durant la majeure partie de son histoire. Mais de Jonge et Hoekstra ont tous deux commis une série d’erreurs plus ou moins importantes : par exemple, De Jonge, qui était responsable de la vaccination contre la Covid-19 , avait choisi de commencer à vacciner beaucoup plus tard que les autres pays, au grand mécontentement de la population. De même, dans le cadre de sa campagne, Hoekstra a fait du patin à glace dans la célèbre patinoire de Thialf, alors qu’elle était officiellement fermée au public. La popularité de Hoekstra a alors diminué, et le parti a finalement perdu 3 points, passant de 13 à 10% des suffrages.

Le CDA est idéologiquement proche du VVD, de droite sur les questions économiques, conservateur sur les questions de migration, pro-européen lorsque cela sert l’intérêt national. La principale différence d’orientation entre les deux partis est la position plus conservatrice du CDA sur les questions morales.

Le CDA a obtenu de bons résultats dans les zones rurales du Nord et de l’Est du pays (Fryslân, Groningen et Overijssel). Le parti a réalisé des résultats particulièrement bons à Twente, où vit le numéro 2 du parti, Pieter Omtzigt, député qui s’est battu pour les intérêts des victimes du scandale des allocations familiales. Le CDA a obtenu de bons résultats parmi les électeurs âgés de cinquante ans ou plus, parmi lesquels il était le deuxième parti.

La droite radicale

En 2021, trois partis populistes de droite radicale sont entrés au parlement : le PVV, pilier de la famille de la droite radicale, le FVD, qui s’est réinventé comme parti anti-restrictions, et JA21, qui incarne une branche relativement modérée de cette famille. Ensemble, le nombre de sièges de ces partis a augmenté, passant de 15% à 19%, soit le taux le plus important pour la droite populiste depuis 2002.

En 2017, le Forum pour la démocratie (FVD, ECR) est entré au Parlement sur une ligne eurosceptique dure, prônant le retrait des Pays-Bas de l’UE. Sur d’autres questions, c’est un parti populiste de droite radicale à tendance néolibérale. Il a des positions de droite sur l’immigration, l’environnement et l’économie. En 2019, il a obtenu de bons résultats aux élections européennes et provinciales. Cependant, par la suite, sa popularité a décliné. Son mouvement de jeunesse avait attiré des éléments plus extrémistes : des membres y partageaient des mèmes antisémites dans les groupes WhatsApp, ce qui causa la scission du parti en novembre 2020. L’aile radicale restée au sein du parti, et dirigée par Thierry Baudet, s’est réinventée en tant que parti anti-restrictions. Le FVD a été le seul parti à organiser des événements de campagne en personne. Lors de ces événements, Baudet a ouvertement exprimé son scepticisme quant aux dangers du virus de la Covid-19, ainsi que son opposition à la vaccination. Cela a profité au parti : en janvier 2021, il était crédité de deux pour cent des voix mais en a remporté cinq pour cent.

L’aile modérée du FVD a créé Juste réponse 2021 (JA21, ECR), qui est également entré au Parlement. JA21 est un parti populiste de droite radicale, il est cependant plus modéré que le PVV et le FVD : il veut limiter l’immigration mais ne veut pas fermer les mosquées ; il est eurosceptique mais ne veut pas que les Pays-Bas quittent l’UE ; il croit que l’homme est à l’origine du changement climatique mais juge qu’il vaut mieux pour les Pays-Bas s’adapter au changement à venir qu’essayer de l’empêcher ; enfin, il ne nie pas la gravité de la Covid-19. Il est modérément conservateur sur les questions morales et de droite sur les questions économiques.

Le Parti de la liberté (PVV, I&D) de Geert Wilders reste le parti populiste de droite radicale le plus important aux Pays-Bas. Le parti axe son discours sur l’immigration, l’intégration civique, l’identité nationale et l’Islam, qu’il considère comme une idéologie dangereuse et non comme une religion. Il souhaite défendre les droits des femmes, des gays et des lesbiennes contre ce qu’il appelle la menace islamique. Il nie également la nécessité de prendre des mesures gouvernementales pour lutter contre le changement climatique, et souhaite que les Pays-Bas quittent l’Union européenne. Sur les questions économiques, le PVV mélange des positions de gauche et de droite, par exemple en proposant d’abaisser l’âge de la retraite à 65 ans, ce qui profiterait surtout aux Néerlandais non issus de l’immigration, tout en proposant des mesures plus strictes pour l’aide sociale, dont dépendent beaucoup de personnes issues de l’immigration (Otjes, 2019)

Le PVV a généralement soutenu l’action du gouvernement pour lutter contre la Covid-19, bien qu’il ait demandé la fin du couvre-feu et l’ouverture de la restauration et de la consommation en plein air. Le PVV a enregistré une perte relativement faible, de l’ordre de 2 points de pourcentage, passant de 13 à 11%. C’est la fin d’un parcours en dents de scie dans les sondages : lors de l’élection européenne de 2019, le PVV avait même perdu ses sièges au Parlement européen. À mesure qu’il perdait du soutien, le PVV se renforçait.

Le PVV, le FVD et JA21 font appel à un électorat similaire, mais avec quelques différences (Spierings et al. 2021). Les trois partis s’appuient sur un électorat masculin dont la confiance envers le gouvernement est faible. Toutefois, l’électorat du PVV est beaucoup plus âgé que celui de JA21 et du FVD. C’est au niveau de l’éducation que la segmentation la plus intéressante se produit : le PVV attire les électeurs ayant le niveau d’éducation le plus bas, le FVD obtient ses meilleurs résultats parmi les électeurs ayant un niveau d’éducation moyen, et JA21 fait mieux parmi les électeurs ayant le niveau d’éducation le plus élevé. Il existe également des différences géographiques : le PVV a obtenu de bons résultats dans les municipalités périphériques du Limbourg (d’où Geert Wilders est originaire), du Brabant septentrional, de Groningue et de Drenthe. Les citoyens de ces régions estiment souvent que le gouvernement néerlandais se concentre trop sur l’Ouest du pays et ne prend pas assez en compte leurs intérêts. Le FVD a reçu le plus de soutien dans les zones périphériques du Fryslâan et du Limbourg, mais aussi dans les villes de banlieue de l’Ouest du pays. JA21 a enfin obtenu de bons résultats dans les villes de banlieue proches d’Amsterdam et de Rotterdam.

La gauche traditionnelle

La classe ouvrière constitue l’électorat traditionnel du parti travailliste et du SP. Ces partis sont cependant sur le déclin. Ils n’ont remporté que 12% des sièges, contre 15% en 2017 et 35% en 2012.

Pendant pratiquement toute son existence, le Parti travailliste (PvdA, S&D) constituait l’un des plus grands partis du Parlement. En 2017, le parti a perdu plus de 75% de ses voix et de ses sièges. Il s’agit d’un parti social-démocrate adoptant des positions de centre-gauche sur l’immigration, l’économie, les questions morales et culturelles, l’intégration européenne et l’environnement. Il a généralement soutenu les mesures anti-Covid-19 du gouvernement. Cependant, à l’instar du CDA, il a également souffert de problèmes de leadership. Le chef du parti, Lodewijk Asscher, a démissionné trois mois avant les élections. Ministre du cabinet Rutte II de 2012 à 2017, il était en partie responsable du scandale des allocations familiales qui avait provoqué la chute du cabinet Rutte III. Il a alors été remplacé par l’ancienne ministre de la Coopération au développement et du commerce extérieur, Liliane Ploumen, relativement inconnue du grand public. Les mauvais résultats du parti travailliste néerlandais s’inscrivent dans une tendance plus large en Europe où les partis sociaux-démocrates font l’objet d’une pression électorale forte (Benedetto et al. 2020). Le fait que, pour un segment d’électeurs traditionnellement sociaux-démocrates, le parti social-libéral D66 constitue une alternative attrayante reflète une tendance européenne générale (Abou-Chadi & Hix 2021).

Le Parti socialiste (SP, GUE/NGL) est un parti de gauche radicale. Le parti plaide pour une plus grande intervention de l’État dans l’économie afin d’assurer une répartition plus équitable des revenus. Il souhaite que les Pays-Bas accueillent plus de réfugiés (mais pas davantage de travailleurs migrants). Il est eurosceptique, bien qu’il ne préconise pas que les Pays-Bas quittent l’UE. Également sceptique concernant l’extension de l’euthanasie, le SP est généralement progressiste sur les questions morales et souhaite une action forte pour lutter contre le changement climatique, même s’il s’oppose à ce que les citoyens pauvres paient pour ces mesures. Le SP a généralement soutenu les mesures anti-Covid-19 du gouvernement, et défend traditionnellement les intérêts des professionnels de la santé, des personnes âgées et des malades chroniques.

Le Parti travailliste a conservé les 6% de sièges qu’il détenait. Il s’agit d’un résultat inattendu car ces 6% avaient été considérés comme une anomalie, liée à la participation du parti au second cabinet dirigé par Mark Rutte. Le SP, quant à lui, a perdu plus de 40% de ses électeurs, soit près de la moitié de ses sièges. Le parti explique que ce mauvais résultat est dû à la crise de la Covid-19 : habitué aux campagne de porte-à-porte dans les quartiers populaires, il aurait été empêché d’adopter cette stratégie du fait de la pandémie. Il est également plausible qu’en raison du soutien qu’il a apporté au gouvernement en 2020, sa base d’électeurs traditionnelle, moins éduqués et méfiants à l’égard du gouvernement, ne se soit plus sentie représentée.

Le PvdA a obtenu de bons résultats dans les trois provinces du Nord (Fryslâan, Groningen et Drenthe), le cœur traditionnel du parti national, et dans le Sud du Limbourg (d’où Ploumen est originaire). Le SP a également obtenu de bons résultats dans les municipalités plus périphériques de Groningue et du Limbourg, ainsi que dans le Brabant septentrional. Les deux partis ont été fortement soutenus par les personnes âgées. Le SP a obtenu ses meilleurs résultats parmi les électeurs ayant un niveau d’éducation faible ou moyen, tandis que le PvdA a obtenu ses meilleurs résultats parmi les électeurs ayant un niveau d’éducation élevé, ce qui montre que le parti a perdu sa base ouvrière traditionnelle.

La nouvelle gauche

Outre les partis de gauche traditionnels, il existe également trois partis de gauche ayant une orientation plus progressiste et post-matérialiste : la GroenLinks, le Parti pour les Animaux et Volt.

Il y a quatre ans, le parti GroenLinks (GL, Verts/EFA), profitant des lourdes pertes subies par le parti travailliste, avait obtenu des résultats particulièrement élevés. Aujourd’hui, il a perdu plus de 40% de ses voix. Ce parti a axé sa campagne sur le climat, dans l’espoir d’en faire la thématique principale de ses élections. Il a des positions généralement de gauche sur le climat, l’économie, l’immigration, les questions morales et culturelles, et est favorable à la poursuite de l’intégration européenne. Il a également soutenu les mesures anti-Covid-19 du gouvernement, même s’il a plaidé pour la réouverture des universités. Au cours des quatre dernières années, GroenLinks a développé une relation ambiguë avec le gouvernement, le soutenant sur des questions cruciales (le budget, la politique climatique et la réforme des retraites) mais se montrant également très critique à l’égard de ses politiques fiscales. Le leader du parti, Jesse Klaver (GL, Verts/EFA), avait tenté de construire une alliance de gauche avec le SP, le PvdA et D66. Mais lorsque ces partis ont publiquement repoussé cette initiative, le parti a perdu sa crédibilité en tant que « leader de la gauche ».
Le Parti pour les Animaux (PvdD, GUE/NGL), profondément vert, est plus qu’un parti de défense des animaux à thème unique. Il se concentre sur les animaux, le climat et l’environnement mais adopte des positions de gauche sur les questions morales, culturelles et économiques. Le parti est modérément eurosceptique, ce qui le conduit à s’associer à la gauche radicale plutôt qu’aux Verts au Parlement européen. Il s’est également opposé aux mesures Covid-19 lorsqu’elles portaient atteinte aux libertés civiles, et en particulier au couvre-feu. Plus que tout, le parti se caractérise par son opposition à ce qu’il appelle le « compromis », qui caractérise la politique aux Pays-Bas. Selon le parti, le processus de recherche d’un consensus y serait en effet plus important que les conséquences des décisions à long terme sur les individus, les animaux et l’environnement. La part de sièges de ce parti a augmenté de 3 à 4%.

Le nouveau parti Volt (Verts/EFA) fait partie du parti euro-fédéraliste paneuropéen Volt, qui a également un représentant allemand au Parlement européen. Il y siège au sein du groupe des Verts. Lors de sa première élection, l’élection européenne de 2019, il a obtenu d’assez bons résultats pour un nouveau parti mais n’a remporté aucun siège. Le parti est proche des D66 sur le plan programmatique : progressiste sur les questions morales et culturelles, pro-européen et centriste sur l’économie. La seule véritable différence est la position de Volt concernant l’énergie nucléaire comme outil dans la crise climatique. Comme D66, il obtient de bons résultats dans les villes universitaires comme Amsterdam, Utrecht, Leiden et Delft. Ses partisans sont jeunes et très éduqués.

La grande partie du soutien de ces trois partis se concentre dans les grandes villes ou se trouvent les universités telles qu’Amsterdam, Utrecht, Leyde et Nijmegen. Les trois partis obtiennent leurs meilleurs résultats parmi les électeurs les plus instruits et les électeurs âgés de 34 ans et moins. Dans ces municipalités et groupes d’électeurs, le concurrence des D66 est forte. GroenLinks a perdu 40%, soit presque la moitié de ses sièges : aux yeux de nombreux électeurs, un vote pour D66 apparaissait comme un moyen plus efficace de favoriser une orientation progressiste de la future coalition gouvernementale.

Petits partis chrétiens

Deux partis sont principalement soutenus par les électeurs protestants : la CU et le SGP.

L’Union chrétienne (CU, PPE) constituait le quatrième parti du gouvernement. Ce petit parti social-chrétien concilie des positions de gauche sur l’immigration, les questions économiques et l’environnement et des positions plus conservatrices sur les questions morales, l’intégration civique et l’intégration européenne. Il a rompu avec les conservateurs de l’ECR en 2019 car ces derniers avait autorisé le FVD à rejoindre leur groupe.

Le Parti politique réformé (SGP, ECR) est le deuxième parti protestant des Pays-Bas. Il revendique des positions de droite sur l’immigration, les questions morales, l’environnement et l’économie. Il est également modérément eurosceptique. Le SGP s’est opposé aux mesures anti-Covid-19 lorsqu’elles portaient atteinte aux libertés civiles, en particulier le couvre-feu.

Les deux partis disposent d’une base électorale solide, des protestants pratiquants vivant dans la Bijbelgordel (« la ceinture de la Bible »), qui s’étend du sud-ouest la Zélande à l’Overijssel au nord-est. La CU a obtenu ses meilleurs résultats à Bunschoten et Oldebroek, des municipalités situées dans cette ceinture. Quant au SGP, ses meilleurs scores ont été constatés dans des municipalités telles que Tholen en Zélande et Staphorst en Overijssel. Leurs résultats sont très stables, et ils conservent respectivement 3% et 2% des voix.

Les partis ancrés dans les communautés de migrants

A gauche, d’autres partis existent, enracinés et liés à des communautés de migrants spécifiques : Denk et Bij1.
Denk est un parti crée « de, pour et par » les citoyens d’origine biculturelle. Il obtient de bons résultats parmi les citoyens d’origine néerlandaise-turque, néerlandaise-marocaine et les citoyens néerlandais islamiques (Otjes & Spierings 2021). Le parti a été fondé en 2015 à la suite d’une scission du Parti travailliste et reste proche de ce parti sur les questions économiques et environnementales. Sur les questions culturelles, comme l’immigration et la lutte contre la discrimination, le parti est progressiste, alors qu’il est plus conservateur sur les questions morales. Son score est stable, à 2% des suffrages.

Bij1 est un parti qui se fonde sur le féminisme intersectionnel selon lequel il existe différentes sources d’oppression et de discrimination, qui se renforcent mutuellement de différentes manières : discriminations se fondant notamment sur la race, le genre, la classe et les handicaps. Le parti est par conséquent antiraciste, anticapitaliste et féministe. Il est de gauche sur l’immigration, les questions morales, les questions économiques, l’environnement et l’Union Européenne. C’est le seul parti à avoir critiqué le gouvernement en expliquant que ses mesures anti-Covid-19 étaient trop laxistes. Le parti a été formé en 2016 après une scission de Denk : la présentatrice de télévision et militante antiraciste Sylvana Simons, devenue leader de Bij1, le jugeait en effet trop conservateur. L’attention portée à la question du racisme s’est accrue après le meurtre de George Floyd et les manifestations contre la violence policière aux États-Unis et en Europe. Le parti permet de réunir ceux qui estiment à la fois que GL est trop à droite sur les questions économiques et que le PS est trop conservateur sur les questions culturelles.Il a également été soutenu modérément par des communautés de migrants, en particulier des Néerlandais-Surinamais et des Néerlandais-Antillais, ainsi que par des électeurs progressistes sans passé migratoire (Otjes & Spierings 2021). Cela a été suffisant pour obtenir un siège.

e • Scores de Denk

Les partis d’intérêt sectoriel

Enfin, il existe deux partis qui représentent des intérêts sectoriels spécifiques : les personnes âgées (50PLUS) et les personnes vivant dans des communautés rurales (BBB).

50PLUS (EPP) est le parti des retraités néerlandais. En général, le parti défend les intérêts des personnes âgées. Il est progressiste sur les questions morales et conservateur sur l’environnement, l’intégration européenne et l’immigration. Un conflit interne majeur a secoué le parti récemment : son précédent leader est parti pour former son propre parti (qui n’a pas abouti), et son remplaçant a rompu avec l’engagement historique du parti d’abaisser l’âge de la retraite. Son seul député européen, qui siégeait au PPE, a également quitté le parti. En raison de ces conflits, le parti a perdu tous ses sièges sauf un. Le soutien restant provient presque exclusivement de personnes âgées de plus de cinquante ans.

Le Mouvement des agriculteurs-citoyens (BBB) est un nouveau parti qui défend les intérêts des Néerlandais des zones rurales, en particulier des agriculteurs. Son succès ne peut s’analyser sans prendre en compte la résistance des agriculteurs quant aux propositions visant à réduire la pollution par l’azote (comme la réduction de moitié du nombre de bovins aux Pays-Bas). Bien que ces protestations aient surtout eu lieu en 2019, les agriculteurs étaient toujours mécontents des plans du gouvernement. Il est important de noter que parmi les quatre partis gouvernementaux actuels (VVD, CDA et CU) ; trois obtiennent habituellement de bons résultats auprès des agriculteurs. BBB est de droite modéré sur les questions environnementales, culturelles et économiques ; le parti est eurosceptique mais progressiste sur les questions morales, et a remporté un siège au parlement. Il a majoritairement été soutenu dans les zones rurales, en particulier à l’est des Pays-Bas, région de laquelle est originaire Caroline van der Plas, sa candidate la plus médiatique.

Formation du gouvernement

Le processus de formation du cabinet peut être perçu comme plus important que l’élection en elle-même quant à ses conséquences politiques. Certains l’ont même surnommé le « triangle des Bermudes de la politique néerlandaise », car il est susceptible de reléguer au second plan le résultat des élections et de mener à des situations inattendues (Van Keken et Kuijpers,2021). S’il était évident que le processus de formation serait complexe, les deux premières semaines ont été particulièrement difficiles.

Le processus de formation a pris une tournure dramatique lorsqu’il est devenu public qu’Annemarie Jorritsma (VVD) et Kajsa Ollongren (D66), chargées par leurs partis d’explorer les modèles de coalition possibles, avaient discuté avec Mark Rutte de l’avenir politique de Pieter Omtzigt, le député CDA qui avait contribué à révéler le scandale des allocations familiales. Cela a conduit à une motion de censure contre Rutte, soutenue par l’ensemble de l’opposition. Dans les semaines qui ont suivi, des procès-verbaux de réunions du cabinet ont fait l’objet de fuites, indiquant que le manque d’informations fournies au Parlement était le résultat d’un choix politique conscient. Le processus de formation s’est alors effectivement arrêté. Depuis, deux informateurs ont été nommés, le négociateur chevronné Herman Tjeenk Willink (PvdA) et la présidente du Conseil socio-économique, Mariëtte Hamer. Au moment de la rédaction de cet article (8/6/2021), on ne sait pas quelle sera cette issue. La seule chose qui semble très probable est que les deux plus grands partis, le VVD et le D66, formeront la base de la nouvelle coalition.

Perspective européenne

En ce qui concerne l’UE, la formation du gouvernement sera également plus importante que les élections. L’Union Européenne n’a pas fait l’objet de réels débats lors de la campagne (Boekestijn et al. 2021). Pourtant, le nouveau gouvernement est confronté à des choix importants. Le gouvernement Rutte III s’est opposé aux mesures d’intégration de la politique économique de l’UE, telles que les euro-obligations et les mécanismes permanents de stabilisation économique (Otjes 2021b). La présence de l’euro-fédéraliste D66 à la table des négociations gouvernementales n’a pas réussi à modérer la position du gouvernement, car ses trois partenaires de coalition actuels, tous des partis euro-réalistes, ont fixé l’ordre du jour. Alors qu’il semble probable que le Parti libéral et D66 formeront le noyau du nouveau gouvernement, la politique européenne sera principalement déterminée par l’interaction entre le VVD et D66, ainsi que leurs partenaires gouvernementaux potentiels.

Mark Rutte (VVD), euro-pragmatiste et fiscalement conservateur, jouit d’une réputation de « Monsieur Non » à Bruxelles (Van Wiel 2020) : il continuera à constituer un frein à toute évolution vers une union de transfert. Par ailleurs, le résultat de la droite radicale est susceptible d’exercer une pression électorale sur les libéraux pour qu’ils maintiennent leur cap. D66 souhaitera cependant offrir une voie différente, tant sur le fond que sur la forme. L’entrée de Volt au parlement pourrait les forcer à mettre en œuvre leurs promesses pro-européennes (Otjes 2021b).

Conclusion

Dans l’ensemble, ces élections constituent le reflet de circonstances nationales et mondiales exceptionnelles : la pandémie de Covid-19 permet d’expliquer certaines tendances globales, mais pour certains partis, des événements tels que le scandale des allocations familiales, le meurtre de George Floyd ou la crise de l’azote sont également à prendre en compte. Ces événements contribuent à expliquer les tendances contradictoires alliant un soutien croissant aux petits partis au succès des partis gouvernementaux.

Les élections aux Pays-Bas ne sont que la première moitié de l’expression d’une volonté politique. La formation d’un nouveau gouvernement est maintenant cruciale. Compte tenu de la pandémie et de son impact sur l’économie, les Pays-Bas ont tout à gagner de la formation d’un gouvernement stable. Celle-ci constitue toutefois un défi. Le scandale des allocations familiales a en effet ébranlé la confiance de nombreux partis d’opposition en Mark Rutte et en sa capacité à diriger un nouveau gouvernement.

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Simon Otjes, Élections parlementaires aux Pays-Bas, 17 mars 2021, Groupe d'études géopolitiques, Sep 2021.

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