Bulletin des Élections de l’Union Européenne
Élections parlementaires en Albanie, 25 avril 2021
Numéro #1
Défilement

Numéro

Numéro #1

Auteurs

Ilir Kalemaj

21x29,7cm - 107 pages Issue #1, Septembre 2021 24,00€

Élections en Europe : décembre 2020 – mai 2021

Le contexte des élections

Le 25 avril dernier, l’Albanie a tenu ses dixièmes élections parlementaires consécutives de la période post-communiste. Les premières élections avaient eu lieu en 1991 et avaient été remportées avec une écrasante majorité par les communistes au pouvoir. Elles avait été suivies dès 1992 par des élections anticipées qui avaient constituté un plébiscite pour le Parti démocrate (PD, centre-droit). Dans le même temps, l’ancien parti communiste s’était transformé en un nouveau Parti socialiste (PS), dirigé par son premier président Fatos Nano. Les élections suivantes avaient eu lieu en 1996, sur fond de fraudes électorales généralisées constatées et condamnées par les rapports préliminaires de l’OSCE/BIDDH et d’autres organisations internationales. Le PD avait remporté cette élection avec une large avance, obtenant 123 députés sur les 140 représentants du parlement albanais.

Les élections suivantes avaient eu lieu un an plus tard, en 1997, après une révolte générale qui avait suivi l’effondrement de systèmes pyramidaux dans le pays. Le PS avait alors remporté une victoire écrasante et était resté au pouvoir au sein de différents gouvernements jusqu’en 2005, remportant également les élections de 2001.
Le PD était revenu au pouvoir grâce à des coalitions en 2005 et en 2009, avant de perdre les élections de 2013 lorsque le PS et le Mouvement socialiste pour l’intégration (LSI, gauche europhile) avaient formé une coalition qui avait recueilli plus de neuf cent mille voix et qui, en partenariat avec certains petits partis, avait obtenu une majorité confortable. L’« Alliance pour une Albanie européenne » dirigée par le Parti socialiste avait alors obtenu 57,6% des suffrages, remportant une solide majorité de 83 des 140 sièges parlementaires.

Les élections de 2017 avaient été spécifiques pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le scrutin avait été reporté de trois mois après une crise politique que l’opposition dirigée par le PD avait initiée ; une réunion entre le dirigeant du PD, Lulzim Basha, et le président du PS, Edi Rama, avait permis une sortie de crise le 18 mai. Ensuite, alors que les partis d’opposition s’étaient présentés séparément, le PD, le LSI et les autres petits partis de droite avaient formé une liste unique sous bannière du Parti démocrate. Ils n’avaient ainsi pas été en mesure de recueillir toutes les voix qu’ils auraient pu mobiliser s’ils avaient mené leur campagne indépendamment dans le cadre d’un accord pré-électoral. En conséquence, le PS avait remporté 74 des 140 sièges (Koleka, 2017).

Difficultés lors des élections de 2021

L’un des principaux problèmes rencontrés lors de ces élections a été le nombre très élevé de votes irréguliers. Il y en a eu 83 028, soit plus de cinq pour cent du nombre total de votes exprimés le jour de l’élection. La principale cause de ces votes non valides était le résultat de la sélection par erreur de différents candidats du même parti, en raison de la confusion créée par le nouveau système de vote.

Néanmoins, comme l’a montré le recomptage partiel des districts de Berat et Durres, aucune irrégularité majeure n’a été constatée dans les bureaux de vote. Cela a également été rendu possible par les nouveaux changements apportés à la loi électorale, qui, outre la présence de représentants des principaux partis dans les commissions électorales, a également permis l’utilisation de caméras de sécurité dans chaque bureau ainsi que la présence d’observateurs internationaux dans certains d’entre eux. En outre, les représentants de tous les partis et les candidats indépendants ont tous dû signer les documents requis à la fin du comptage des voix.

Un problème majeur persistant lors de ces élections a consisté en l’utilisation de l’administration publique pour soutenir le PS au pouvoir. Par exemple, dans une de ses interviews juste après les élections, la chef de la mission d’observation de l’OSCE/BIDDH, Ursula Gacek, a évoqué « l’utilisation abusive des ressources de l’administration publique » et la « relation floue entre le parti [socialiste] et l’État » (Bushati, 2021). Il s’agit là d’un problème ancien, et l’OSCE/BIDDH a déclaré qu’il serait mentionné dans son rapport final que les recommandations formulées à ce sujet n’avaient pas été suivies.

Fait plus préoccupant encore, l’opposition a affirmé que le gouvernement et le PS avaient utilisé des fonds illicites ainsi que divers avantages pour acheter massivement des voix, parvenant à influencer le résultat global du scrutin. Certains représentants de l’opposition ont affirmé qu’ils ne reconnaîtraient pas ces élections, faisant craindre une répétition du scénario de 16 février 2019, lorsque l’opposition avait quitté le parlement et décidé de « brûler » ses sièges. Le dirigeant du PD, Lulzim Basha, et celui du LSI, Monika Kryemadhi, n’ont cependant pas donné d’indication en ce sens, bien que tous deux aient affirmé que ces élections avient été manipulées et qu’ils fourniraient bientôt des preuves à ce sujet. Ils ont également précisé qu’ils entreraient au Parlement et utiliseraient cette arène politique pour dénoncer les délits électoraux commis par le gouvernement. Pour le PD et son expert électoral Ivi Kaso, les irrégularités ont particulièrement affecté les résultats dans les districts d’Elbasan et de Shijak ; jusqu’à présent, le parti a indiqué avoir déposé plus de 180 accusations criminelles au bureau du procureur (Kaso, 2021).

Evolution de la participation électorale et de la répartition des voix par partis

À première vue, il semble que le PD ait considérablement amélioré ses résultats par rapport aux élections de 2017, et même par rapport aux deux autres élections générales précédentes. Par exemple, le PD avait obtenu 610 463 voix en 2009 lorsqu’il avait remporté les élections avec le LSI ; il avait ensuite chuté à 528 373 voix en 2013 lorsqu’il avait perdu les élections face au PS, arrivé au pouvoir en coalition avec le LSI. Le PD avait continué à chuter lors des élections de 2017, où il avait atteint son pire résultat avec 456 481 voix, avant de se redresser lors des élections actuelles de 2021, où il a obtenu son meilleur résultat électoral avec 622 126 voix.

Cette analyse cache néanmoins le fait que le PD a incorporé dans ses listes pour les élections de 2021 tous les petits partis de droite (le Parti républicain, le Parti démocrate-chrétien, etc.) et même certains partis centristes et de centre-gauche comme le Parti de la justice, de l’intégration et de l’unité (PDIU) et le Parti agrarien. Par exemple, le seul parti PDIU aura trois représentants au nouveau parlement, élus sur la liste du Parti démocrate. La minorité grecque est également représentée par le leader du PBDNJ Vangjel Dule, lui aussi élu sur cette même liste. Un autre représentant de la minorité grecque, Niko Kuri, a été élu sur la liste du PS pour le district de Vlora. Par conséquent, le PD comme le PS ont tous deux leurs propres représentants de la minorité grecque.

En ce qui concerne les partis nouvellement créés lors de ces élections, le Mouvement démocratique albanais dirigé par Myslim Murrizi (LDSH) n’a obtenu que 4 697 voix ; le Mouvement pour le changement (LN) dirigé par Jozefina Topalli a obtenu 7 049 voix au niveau national ; quant à la Conviction démocratique (BD), dirigée par Astrit Patozi, elle a obtenu 8 238 voix. Ces trois partis étaient tous des scissions du Parti démocrate qui se présentaient pour la première fois à des élections. Deux autres partis nouvellement créés sont le Nouveau Mouvement (LRE) dirigé par Arian Galdini qui a obtenu 3 771 voix et Nisma Thurrje qui a obtenu 10 216 voix. Certains candidats indépendants se sont enfin également présentés dans différents districts. Au total, 46 partis étaient en lice pour ces élections, contre 54 lors des élections de 2017.

Entre-temps, la Commission électorale centrale (CEC) a publié l’âge moyen des députés gagnants sur la base des résultats préliminaires. Dans le nouveau parlement, le plus jeune député, Andia Ulliri, 22 ans, est issu du Parti démocrate, tandis que le plus âgé est Luljeta Bozo, 79 ans et élue pour le Parti socialiste. La moyenne d’âge la plus jeune est celle du LSI avec 45,5 ans, tandis que la plus âgée est celle du Parti social-démocrate (PSD, centre-gauche) avec 49,7 ans. Viennent ensuite le PD, avec 49,5, et le PS avec 49,3. Selon la CEC, 10 députés ont moins de 35 ans et trois plus de 70 ans (KQZ, 2021).

Géographie politique et distribution spatiale

Lors des élections de 2021, le PS a remporté 53% des sièges avec seulement 49% des voix. Il a enregistré une croissance particulière dans quatre districts, à savoir à Tirana où il a gagné 20 000 voix de plus qu’en 2017, à Durrës avec quatre mille voix de plus, à Dibër avec 3 947, et enfin dans le district d’Elbasan avec 13 343 voix de plus qu’en 2017 — alors qu’il a obtenu un nombre inférieur de voix dans les huit autres districts du pays (Kume, 2021).

Le soutien au gouvernement sortant semble être généralement plus faible dans le nord-ouest et le nord-est du pays, notamment dans la région de Shkodër et de Kukës, alors qu’il est plus élevé dans le sud-ouest et le sud de l’Albanie, notamment dans les districts de Vlorë et de Kukës. En ce qui concerne la répartition des votes dans les 12 districts du nord au sud entre le PD et le PS, elle est la suivante : Shkodër 43% PD et 28% PS, Kukës 62% PD et 35% PS, Lezhë 47% PD et 38% PS, Dibër 45% PD et 44% PS, Durrës 41% PD et 50% PS, Tiranë 39% PD et 48 % PS, Elbasan 37% PD et 55% PS, Fier 37% PD et 52 PS, Berat 30% PD et 56% PS, Korcë 40% PD et 48 PS, Vlorë 31% PD et 57% PS, Gjirokastër 30% PD et 53% PS (voir encadré « les données »).

D’autre part, il est important de noter que si les élections locales avaient lieu aujourd’hui, le PD n’aurait remporté que 14 municipalités sur 61 au total, sur la base de la répartition actuelle des voix (Kume, 2021 ; voir aussi encadré « les données »). Cet indicateur doit être interprété avec une certaine prudence, en tenant compte du fait que d’autres facteurs peuvent avoir un impact sur la répartition des votes lors des prochaines élections locales, qu’il s’agisse du calendrier des élections ou de l’identité des candidats.

Quoi qu’il en soit, les résultats confirment une tendance électorale, observée lors des dernières élections générales et locales, selon laquelle le PS est le parti qui enregistre les gains les plus importants et les plus constants par municipalité à chaque élection (figure c).

Une analyse en composantes principales (PCA) permet d’identifier les municipalités qui se comportent différemment de la moyenne albanaise. Par exemple, sur la figure d, nous voyons que 72% de la variance des résultast au niveau municipal peut être expliquée par la part plus élevée des votes du PD (et la part plus faible correspondante des votes du PS) dans certaines municipalités du Nord ; sur la figure e, nous voyons que 21% peut être expliqué par une meilleure performance du LSI et du PSD dans des municipalités spécifiques.

c • Parti obtenant les gains les plus importants (en points de pourcentage), par commune, 2017-2021

Cette analyse gagne encore en pertinence si l’on considère que cet automne, des élections locales anticipées (partielles ou nationales) devraient avoir lieu suite à une décision attendue de la Cour constitutionnelle nouvellement réunie, qui doit se prononcer sur la constitutionnalité des élections locales de 2019 — celles-ci s’étant déroulées sans participation de l’opposition. L’opposition avait en effet décidé de boycotter ces élections, dénonçant des fraudes massives et impunies après les élections législatives de 2017. Or, la répartition des votes lors des élections législatives de 2021 suggère que l’opposition ne devrait pas bénéficier d’une tendance particulièrement favorable lors des prochaines élections locales.La répartition des votes selon l’axe urbain/rural a fortement favorisé le PS dans la majorité des zones rurales, périphériques et semi-périphériques. Ceci est particulièrement important dans un pays comme l’Albanie où près de la moitié de la population vit encore dans les zones rurales et périphériques, un chiffre record dans l’Europe contemporaine.

Les coalitions de gouvernement possibles et leurs conséquences

Selon la plupart des analyses et des prédictions préélectorales, aucun parti n’aurait pu remporter à lui seul la majorité simple de 71 députés (51 % des voix). Certaines déclarations publiques du premier ministre Rama évoquaient d’ailleurs la possibilité d’une coalition, même si, la plupart du temps, il s’efforçait d’exprimer son optimisme et sa confiance dans le fait que lui et le PS seraient capables de remporter une troisième victoire consécutive et de gouverner sans partager le pouvoir. Or, contrairement aux attentes de l’opposition, ainsi qu’à la majorité des prédictions électorales des observateurs indépendants, le PS a non seulement remporté la victoire et est demeuré le premier parti du pays (ce qui était largement attendu), mais il a également obtenu 74 députés, ce qui lui permettra de former seul le prochain gouvernement.

Il convient toutefois de noter qu’avant le jour des élections, le premier ministre Rama a offert au PD et à son dirigeant Lulzim Basha la possibilité de créer une grande coalition, une offre qui avait probablement été déterminée par l’absence éventuelle de majorité le jour des élections par le PS. Le lendemain de l’élection, M. Rama a félicité le PD et Lulzim Basha pour leur performance et a déclaré qu’il les reconnaissait comme la seule « opposition loyale », rétractant ainsi d’une certaine manière son offre préélectorale de co-gouvernance. Edi Rama a toutefois ajouté qu’il ne voyait aucune limite à sa coopération avec l’opposition tant qu’elle se faisait dans l’esprit des réformes qui permettraient à l’Albanie d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Union européenne (interview d’Edi Rama, 2021).

Perspectives européennes et effets des résultats sur la politique internationale et interrégionale

Pour tout observateur attentif de la vie sociale et politique de l’Albanie, le résultat des élections du 25 avril 2021 n’était pas inattendu. Une combinaison de facteurs, précoces ou tardifs, avaient en quelque sorte prédit le résultat : ainsi du fonctionnement de la démocratie en Albanie, du système constitutionnel et juridique du pays, mais aussi de la culture politique, du rôle des appareils de parti, des distorsions créées par l’utilisation de l’administration publique par le parti au pouvoir, du déséquilibre des collèges électoraux entre les régions, ainsi que de l’exclusion des émigrés des droits électoraux.

Les acteurs internationaux se sont sérieusement engagés à rétablir les normes constitutionnelles de la vie politique et de la démocratie, en garantissant des élections libres et une réforme institutionnelle. L’ambassade des États-Unis a joué un rôle de médiateur, par l’accord du 5 juin 2020, pour calmer la crise politique. Elle a également rappelé régulièrement à la classe politique albanaise les principes et les priorités à respecter, ainsi que les lignes rouges à ne pas franchir. Tels ont été les messages du secrétaire d’État adjoint Mathew Palmer lors de sa visite virtuelle à Tirana : des candidats crédibles, des élections transparentes et normalisées, et un appel à mener de manière conséquente la réforme de la justice.

À première vue, il semble donc que les acteurs internationaux négocient avec l’élite du pays, en partant du principe que les partis politiques albanais représentent les intérêts des groupes sociaux les plus importants. On suppose également que les décisions des partis et la sélection des candidats se conforment à des règles statutaires, qui imposent une démocratie interne, des critères exigeants, le respect des communautés culturelles et, par conséquent, la représentation de la volonté souveraine. En fait, la réalité est complexe et offre une image quelque peu différente. Le système politique est souvent rendu très impénétrable par la myriade de partis politiques et de coalitions qui se présentent aux élections générales ou locales, tandis que les chefs de parti choisissent au hasard des personnages dont l’éducation formelle ou le passé moral semblent souvent douteux. Parfois, des personnages ayant eu des affiliations criminelles se présentent ou soutiennent leurs candidats favoris, bien que l’Albanie ait adopté une loi de dépénalisation il y a quelque années (loi n° 138/2015).

L’exemple le plus frappant est celui de Tom Doshi, le leader du Parti social-démocrate (PSD), qui, malgré les appels répétés de l’ambassade des États-Unis à Tirana à renoncer à sa candidature en raison de ses antécédents, a décidé de se présenter malgré tout. Comme l’a clairement déclaré l’ambassadeur américain : « Cette demande ne vient pas seulement d’une personne ou d’un individu isolé au sein du gouvernement des États-Unis. Elle provient directement du Secrétaire d’État des États-Unis, lequel a identifié un individu dont les ambitions ne sont manifestement pas de représenter le peuple albanais à l’Assemblée » (Politiko, 2021). Tom Doshi a été élu mais a démissionné juste après l’élection, en raison de la pression américaine. Néanmoins, son parti a fait élire trois candidats, fait inacceptable pour l’opposition dans la mesure où le PSD n’a présenté aucun programme politique ni fait de promesses économiques raisonnables ; ses candidats élus, à l’exception de Doshi, étaient du reste inconnus du grand public. Il en va de même pour l’un des candidats du PS les plus plébiscités dans le district de Tirana, Ornaldo Rakipi, qui est soupçonné d’avoir été massivement soutenu en raison de ses liens familiaux plutôt que pour toute autre qualité personnelle ; il était également inconnu du public comme des électeurs socialistes (Dosja, 2021).

Dans le rapport préliminaire de l’OSCE/BIDDH, les observateurs internationaux ont précisé que les tentatives d’influer sur le vote se sont poursuivies lors de cette élection. D’autre part, on a assisté au placement sur les listes de candidats douteux, dont la source de revenus est inconnue. Fondamentalement, il n’y a pas eu de transparence financière préalable et aucune obligation de rendre compte des dépenses des partis politiques n’a été strictement imposée par les régulateurs du processus électoral, créant ainsi une inégalité dans la sélection des candidats et dans la conduite de leurs campagnes respectives.

Bibliographie

Bushati, A. (2021, 1er mai). Nuk fitoi PS-ja, na grabiti shteti. Lapsi. En ligne.
Kaso, I. (2021, mai). PD përgatit për ankimim dosjen me shkeljet gjatë zgjedhjeve, Kaso: Cilat janë zonat me krimin më të lartë zgjedhor. Politiko. En ligne.
Koleka, B. (2017, 26 juin). Albanian Socialists to get parliamentary majority: partial vote count. Reuters. En ligne.
Komisioni Qëndror i Zgjedhjeve (2021). En ligne.
Kume, M. (2021, 3 mai). Mandati i tretë, ja rezultatet e Partisë Socialiste në cdo bashki. Panorama daily.
Ligj Nr. 138/2015. PËR GARANTIMIN E INTEGRITETIT TË PERSONAVE QË ZGJIDHEN, EMËROHEN OSE USHTROJNË FUNKSIONE PUBLIKE.
Nd. (2021). SURPRIZA/ Aqif Rakipi fut djalin në listën e PS në Tiranë, vetë u dogj nga dekriminalizimi por shpresat i ka tek i biri. Dosja. En ligne.
Rama, E. (2021, 29 avril). Si dhe me kë do të qeverisë Rama? Interview, Opinion show. En ligne.
Tjera, E. (2021, 23 mars). Tom Doshi was not expelled from the CEC, Yuri Kim reacts: This does not mean that he is innocent. Politiko. En ligne.

Les données

+--
Voir le plan de l'articleFermer
Citer l'article +--

Citer l'article

APA

Ilir Kalemaj, Élections parlementaires en Albanie, 25 avril 2021, Groupe d'études géopolitiques, Sep 2021.

À lire dans ce numéro +--
Notes et sources +
+--
Voir le plan de l'articleFermer