Géopolitique, Réseau, Énergie, Environnement, Nature
La realpolitik climatique chinoise
Numéro #1
Défilement

Numéro

Numéro #1

Auteurs

Jean-Paul Maréchal

21x29,7cm - 167 pages Numéro #1, Septembre 2021

La puissance écologique de la Chine : analyses, critiques, perspectives

Le 4 décembre 2012, en plein milieu de la COP 18 de Doha, un article paraît dans la version électronique du China Daily qui résume la position de Pékin en matière de lutte contre le changement climatique. On peut y lire que « selon un pays riche responsable d’énormes émissions de GES et dont on attend encore qu’il s’engage à les réduire, il n’y a pas de différence entre les obligations des riches et des pauvres en matière de réductions d’émissions. Comme d’habitude, les États-Unis ont contesté, lors des pourparlers de Doha (Qatar) le principe de « responsabilités communes mais différenciées », affirmant que le futur accord sur le changement climatique devrait être fondé sur la prise en considération du « monde réel » et ne devrait pas fixer des responsabilités différentes pour les pays riches et pour les pays pauvres. Mais cela dépend véritablement du type de monde réel dans lequel vivent les États-Unis ». Et l’auteur d’expliquer quelques lignes plus loin qu’« entre les nations développées et les nations en développement, il y a un monde de différence. C’est pourquoi l’égalité ne peut être réalisée que si les différents joueurs supportent des obligations en rapport avec leurs capacités ». Avant de rappeler que « lors de la conférence sur le climat de Durban en 2011, Xie Zhenhua, le chef de la délégation chinoise, avait exprimé la volonté du pays de discuter de réduction d’émissions contraignantes après 2020 » 1 .

Cinq ans plus tard, en janvier 2017, un mois après la victoire de Donald Trump, Xi Jinping insiste lors du Forum de Davos sur le fait que les pays signataires de l’accord de Paris devaient « coller » à l’accord « plutôt que de s’en détourner ». Le même mois, Xie Zhenhua, déclare que son pays était « capable de prendre le rôle de leadership (leadership role) dans la lutte contre le changement climatique » 2 . Le 18 octobre de la même année, lors du 19ème congrès du PCC, Xi Jinping déclare : « Si c’est à nous qu’il revient d’accomplir l’édification de la civilisation écologique, ses effets bénéfiques profiteront aux générations successives de Chinois durant des siècles. Nous devons ancrer solidement l’idée de la civilisation écologique socialiste, créer une nouvelle situation de modernisation marquée par le développement harmonieux de l’homme et de la nature, et apporter les contributions de notre génération à la protection de l’écosystème » 3 .

Entretemps, il y eut la rencontre, en novembre 2014 à Pékin, entre Xi Jinping et Barack Obama lors du forum de Coopération économique de l’Asie-Pacifique en marge duquel les deux présidents ont fait une déclaration conjointe concernant la lutte contre le changement climatique. Le président chinois y indique notamment que la Chine a l’intention de parvenir à son pic d’émissions de CO2 autour de 2030 et de faire tous les efforts possibles pour l’atteindre avant. Quant au président américain, il proclame que les États-Unis vont réduire d’ici à 2025 leurs émissions de 25 à 28 % par rapport à leur niveau de 2005 et faire le maximum pour parvenir à 28 %. Tout cela sera repris un an plus tard dans l’accord de Paris (2015).

Peut-on parler d’un réel changement de cap chinois ? Et quel crédit accorder aux (relativement nouveaux) engagements de Pékin ? Parmi les nombreuses raisons susceptibles d’expliquer le changement d’attitude du gouvernement chinois à l’égard de la lutte contre le réchauffement climatique, trois nous semblent particulièrement importantes. Elles concernent respectivement les domaines socio-environnemental (1), économique (2) et diplomatique (3) ; les problèmes observés et les mesures prises dans chacun de ces champs ayant tendance à se renforcer mutuellement. D’où des engagements pris notamment au niveau international dont on peut s’interroger sur le caractère véritablement contraignant (4).

Des raisons socio-environnementales

Depuis le début des réformes impulsées à la fin de l’année 1978, la Chine a connu une croissance économique fulgurante. De fait, entre 1980 et 2017, le PIB chinois (y compris Hongkong) est passé de 395,7 à 10 441,4 milliards de dollars (2010) soit une multiplication par 26,4. En yuans constants, le facteur multiplicateur est de 28,9 4 . Dans le même temps, le PIB par habitant a été multiplié par 18,6 en passant de 401,1 à 7 491,3 dollars. Une telle croissance économique sur une durée aussi longue n’a été possible que grâce à une consommation d’énergie sans précédent dans l’histoire économique. Ainsi, la demande totale d’énergie primaire qui était de 602 millions de tonnes équivalent pétrole en 1980 atteignait 3 077 millions en 2017, soit une multiplication par un peu plus de 5 5 . Les énergies fossiles, et notamment, le charbon ont été, et sont toujours, fortement sollicitées pour obtenir de tels niveaux de production (Figure 1).

Figure 1 : Consommation par énergie et mix énergétique de la Chine en 2000 et 2019 6

Cela s’est traduit par une explosion des émissions chinoise de CO2 qui sont ainsi passées de 789,4 millions de tonnes en 1971 à 2,12 milliards en 1990 pour atteindre 9,3 milliards de tonnes en 2017 7 . De tels niveaux de rejets ont entraîné, d’une part une détérioration de la qualité de l’air et donc un fort mécontentement au sein de la population et, d’autre part, une prise de conscience par les autorités de la dangerosité du changement climatique.

Le premier phénomène – la détérioration de la qualité de l’air – est résumé par un néologisme, « airpocalypse », apparu dans les années 2000 pour désigner les niveaux de pollution record constatés dans les grandes villes chinoises. Les principaux polluants qui affectent le bien-être des citadins sont les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), le monoxyde de carbone (CO), les métaux lourds (arsenic, cadmium…) présents dans les cendres de combustion du charbon… En 2009, sur les 36 villes les plus polluées du monde par les particules de moins de 10 microns de diamètre (les PM10), 19 – parmi lesquelles Xian, Tianjin, Harbin, Shanghai – se trouvaient en Chine 8 . Au début de 2013, par exemple, un pic de pollution touche Pékin trois jours durant. Le 11 janvier, le taux de PM 2,5 atteint dans certains quartiers de la ville la valeur de 993 microgrammes par mètre cube, soit à peu près 40 fois la norme de l’OMS qui considère qu’une exposition à des taux supérieurs à 25 microgrammes plus de trois jours par an, est nuisible à la santé 9 . Ces niveaux de pollution engendrent un tel mécontentement que, sous la pression de la population, les autorités finissent par accepter de publier des données sur la qualité de l’air, en 2012 pour Pékin et l’année suivante pour 74 villes 10 . Anecdote qui en dit long sur l’importance des enjeux, les autorités chinoises demandent, en 2012, à la station météorologique de l’ambassade américaine de Pékin de ne plus publier d’alerte pollution, jugeant qu’une telle pratique constitue une ingérence dans la politique intérieure chinoise 11  ! La même année, une étude du MIT chiffre le coût de la pollution de l’air en Chine à 112 milliards de dollars (à leur valeur de 1997) contre 22 milliards en 1975 12 .

Pendant de nombreuses années, on a pensé que la pollution de l’air extérieur en Chine causait entre 350 000 et 400 000 décès par an 13 . Or, une étude parue en 2015 – fondée sur des mesures chinoises réalisées sur 1 500 sites et portant notamment sur les PM2,5 (d’un diamètre inférieur à 2,5 microns et qui sont plus dangereuses que les PM10) – met en évidence que la pollution de l’air cause en fait 1,6 million de morts par an, soit 17 % des décès comptabilisés dans le pays. 83 % des Chinois sont exposés à des niveaux de pollution de l’air considérés, aux États-Unis, comme dangereux pour la santé, ou dangereux pour des personnes fragiles 14 . En février 2021, une étude publiée sur le site de la revue Environmental Research estime à 3,9 millions le nombre de décès prématurés dus à la seule pollution par les PM2,5 rejetées à l’occasion de la combustion d’énergies fossiles 15 .

Une telle situation risque, à terme, d’éroder la légitimité du Parti qui repose désormais largement, pour ne pas dire uniquement, sur sa capacité à améliorer le bien-être de la population. En effet, depuis les événements de 1989, tout se passe comme si le pouvoir avait « échangé » l’absence de réformes démocratiques contre la promesse d’améliorer les conditions de vie des citoyens chinois. Or, la détérioration massive de l’environnement compromet gravement la réalisation d’une telle promesse. Et c’est donc au cours des années 2000, sous l’effet de la multiplication des phénomènes de pollution et du mécontentement que ces derniers entraînent au sein de la population 16 , que le pouvoir va réaliser qu’il est désormais impératif de prendre un certain nombre de mesures. L’un des moments les plus marquants de cette évolution a lieu en 2006 lorsque Hu Jintao appelle à l’édification d’une « société d’harmonie », à savoir un mode de développement qui prendrait en compte la question des inégalités sociales et des atteintes à l’environnement. Cette priorité, affichée avant le 17ème congrès du PCC – qui se tiendra en 2007 et confirmera Hu Jintao pour un second mandat à la tête du pays –, sera finalement inscrite dans la constitution du Parti sous l’appellation de « développement scientifique ». Un an plus tard, en 2008, le Bureau de protection de l’environnement (créé en 1974) devient ministère de la Protection de l’environnement et occupe le 16e rang protocolaire sur les 25 ministères et commissions que compte le Conseil des affaires de l’État. Malgré ce virage, l’environnement continue de se dégrader.

Et c’est en particulier sous l’effet de la multiplication des pics de pollution dans les grandes villes que l’équipe dirigeante, arrivée au pouvoir en 2012 lors du 18ème congrès, va lancer une série d’initiatives ambitieuses 17 . C’est dans un tel contexte que le gouvernement lance en septembre 2013 un plan d’action de contrôle et de prévention de la pollution de l’air. En 2015, la loi (nationale) sur l’environnement datant de 1979, et déjà revue en 1989, se voit de nouveau révisée en profondeur. Par ailleurs, les trois derniers plans quinquennaux (le 13ème, couvre la période 2016-2020) contiennent des objectifs environnementaux de plus en plus contraignants.

Au-delà du mécontentement social qu’engendre l’« airpocalypse » 18 , le gouvernement chinois prend également progressivement conscience des risques que fait peser l’élévation des températures sur le pays : mise en danger des villes côtières (Shanghai, Hongkong…), accroissement du nombre des phénomènes météorologiques extrêmes, multiplication et aggravation des sécheresses et des inondations, désertification (dans un pays qui doit nourrir près de 20 % de la population du globe avec seulement 7 % des ressources mondiales de terres arables)… sans parler de la perturbation du trafic aérien (lors des épisodes les plus sévères), des écoles fermées, de la limitation des activités extérieures… 19

Le changement climatique peut par exemple aggraver un stress hydrique déjà bien présent. En effet, même si la Chine dispose de 20 % des réserves d’eau mondiales, le volume par habitant est selon toute vraisemblance de 2 000 m3 par an (contre 6 200 en moyenne mondiale). Car cette eau est mal répartie. Le nord du pays (au nord du Yangtze) où se trouvent deux tiers des terres arables et 40 % de la population et qui engendre la moitié du PIB national ne dispose que de 20 % des eaux du pays. Le changement climatique risque d’y diminuer les précipitations alors que les nappes phréatiques s’épuisent 20 . Sur les 660 grandes villes que compte la Chine, 440 (soit 353 millions d’habitants) souffrent d’une sévère pénurie d’eau. À ce problème quantitatif s’ajoute une dimension qualitative. La moitié des villes chinoises ont accès à une eau qui ne répond pas aux standards de l’OMS 21 . Lors d’une conférence de presse tenue à Pékin en février 2012, Hu Siyi, le vice-ministre au ministère des Ressources en eau, révélait que 40 % des rivières étaient gravement polluées. Il ajoutait que le degré de toxicité de l’eau de 20 % des rivières était tellement élevé qu’elle ne devait même pas entrer en contact avec les êtres humains. Les deux tiers des villes chinoises connaissent des tensions en matière d’approvisionnement en eau tandis que 300 millions de ruraux n’ont pas accès à l’eau potable 22 . La qualité des eaux souterraines est également dégradée. Ainsi, 60 % des nappes phréatiques du nord du pays recèlent des eaux polluées à un niveau qui les rend impropres à la consommation 23 .

En juin 2007, la Chine publie son premier plan à long terme sur le changement climatique. En 2011, un rapport rédigé par l’Administration océanique d’État alerte que le niveau des océans le long du pays s’est élevé de 2,65 millimètres par an au cours des trois dernières décennies et que les températures moyennes de l’atmosphère et du milieu marin se sont élevées respectivement de 0,4 et 0,6°C en dix ans. Pour l’Administration océanique d’État, l’élévation du niveau de la mer constitue un désastre maritime « graduel » susceptible d’« aggraver les conséquences des tempêtes et l’érosion côtière » 24 . En 2015, le responsable des services météorologiques du gouvernement avertit que le changement climatique fait peser des « menaces sérieuses » sur les rivières, l’approvisionnement alimentaire, les infrastructures… 25

Bien sûr, la détérioration de la qualité de l’air et les émissions de GES sont des phénomènes partiellement indépendants. Néanmoins, compte tenu de la part des énergies fossiles dans le mix énergétique chinois, il est évident qu’en réduisant la part du charbon et du pétrole on diminue mécaniquement les émissions de microparticules, de carbone noir… qui détériorent les conditions de vie de millions de Chinois 26 .

Des raisons économiques

La deuxième raison du changement de cap chinois est probablement à chercher dans les fantastiques potentialités en termes d’exportation et de vecteur d’influence que représentent les technologie « vertes » ou, pour être plus précis, « bas-carbone ». Et c’est ainsi qu’en l’espace d’une vingtaine d’années, la Chine est devenue le premier producteur au monde de LED, d’éoliennes, de panneaux solaires, de batteries pour voitures électriques, de voitures électriques…

Derrières toutes ces « success stories » se trouve bien sûr le talent des chercheurs chinois, des dirigeants d’entreprises ainsi que celui de leurs ingénieurs, techniciens et ouvriers… mais également la « main visible » du gouvernement chinois. Une étude conduite par la European Union Chamber of Commerce in China met en évidence que dans le cadre du plan stratégique « China manufacturing 2025 » lancé par Pékin en mai 2015 (mais sur lequel le régime ne communique plus beaucoup), les aides aux entreprises chinoises annoncées, tant par le gouvernement central que par les gouvernements locaux, correspondront à plusieurs centaines de milliards d’euros. Parmi les secteurs concernés par cette initiative, on trouve les véhicules électriques, les équipements électriques, les robots… 27 À titre de comparaison, le plan de relance décidé par la France pour aider le secteur aéronautique victime de la crise liée à l’épidémie de Covid-19 s’élève à une vingtaine de milliards d’euros dont « seulement » 1,5 milliard pour l’aviation « décarbonée » 28 .

Dans le domaine de la production d’énergie, les investissements sont massifs. Ainsi, en janvier 2017, la National Energy Administration of China annonçait des investissements de 360 milliards de dollars d’ici 2020 dans de nouvelles capacités de production d’énergie : 144 milliards dans le solaire, 100 milliards dans l’éolien, 70 milliards dans l’hydroélectricité 29 . De son côté, l’Agence internationale de l’énergie estime que les secteurs public et privé chinois investiront d’ici 2040 plus de 6 trillions de dollars dans les technologies produisant de l’énergie bas-carbone 30 . On rappellera, à titre de comparaison, qu’en 2015, les entreprises chinoises avaient investi plus de 100 milliards de dollars dans les énergies renouvelables contre seulement 44 milliards pour les firmes américaines 31 .

Les résultats sont au rendez-vous. La Chine dispose désormais sur son territoire d’un tiers de la capacité mondiale de production d’électricité éolienne et d’un quart de celle d’électricité photovoltaïque. Les entreprises chinoises présentes dans ces secteurs bénéficient d’un marché national dont la taille leur permet de réaliser d’importantes économies d’échelle et donc de parvenir à des coûts de production extrêmement bas. On pourrait dire la même chose dans le domaine de la fabrication de batteries au lithium pour voitures ou dans celui de l’hydro-électricité. Selon l’Agence internationale de l’énergie, quatre des dix premiers fabricants d’éoliennes dans le monde et six des dix premiers producteurs de panneaux solaires sont chinois 32 .

Le secteur automobile n’est pas non plus à la traîne. L’achat de véhicules électriques a été massivement aidé à la fois directement (8,4 milliards de dollars d’aides gouvernementales en 2015 soit dix fois plus qu’aux États-Unis) et indirectement (modulation de la fiscalité selon le type de véhicule) 33 . Cet onéreux système a pu être stoppé en 2018 au vu du succès remporté. En effet, dès 2015 les ventes de voitures électriques (annuelles et cumulées) en Chine dépassent celles réalisées aux États-Unis 34 . Entre 2011 et 2017, le nombre de voitures électriques vendues en Chine a bondi de 4 200 à 601 700 tandis que dans le monde il passait de 49 600 à 1 202 700.

Au-delà de ces raisons essentiellement économiques, le développement des technologies vertes en Chine obéit également à des objectifs plus purement géopolitiques.En effet, les États-Unis ont augmenté leur production de pétrole au point d’être devenus exportateurs nets depuis l’automne 2019. La Chine, qui importe aujourd’hui 70 % de son pétrole, et qui pourrait en importer 80 % en 2030 35 , pourrait ainsi se retrouver bien plus exposée que l’économie américaine aux conséquences d’éventuels troubles survenant dans un Moyen-Orient où Washington aurait moins d’intérêts directs.

En renforçant la sécurité énergétique du pays, le développement massif des technologies vertes en Chine permet de limiter (du moins partiellement) ces risques. Il pourrait également avoir comme effet de contrer l’influence des États-Unis en proposant à des pays étrangers des solutions bas-carbone permettant à ces derniers de réduire tout à la fois leur consommation de pétrole et leurs émissions de CO2.

Comme le résume Amy Myers Jaffe, si la stratégie de Pékin est couronnée de succès, elle contribuera utilement à la lutte mondiale contre le changement climatique et aidera la Chine à « remplacer les États-Unis comme l’acteur le plus important dans un grand nombre d’alliances régionales et de relations commerciales ». En d’autres termes, la Chine « espère que la demande en technologies produisant de l’énergie propre (clean energy technology) de la part de pays cherchant à réduire leurs émissions de carbone créera des emplois pour les travailleurs chinois et des relations solides entre Pékin et des capitales étrangères de la même façon que les ventes de pétrole avaient liées l’Union soviétique et le Moyen-Orient après la Deuxième Guerre mondiale. Cela signifie qu’à l’avenir, lorsque les États-Unis chercheront à vendre leur gaz naturel liquéfié à des pays d’Asie et d’Europe, ils ne seront plus tant en compétition avec le gaz russe qu’avec les panneaux solaires et les batteries chinois ». Dans la mutation du marché de l’énergie en cours, dans la rivalité entre « electrostates » et « petrostates », la Chine pourrait ainsi prendre l’avantage 36 .

Mais l’influence d’un pays repose également sur sa capacité de séduction, sur sa capacité à mener une « diplomatie publique » efficace. Et c’est sans doute l’une des raisons qui explique le rôle joué par Pékin dans l’accord de Paris.

Des raisons de diplomatie publique

Pékin utilise en effet la question climatique pour améliorer une image internationale que l’évolution du régime tend à dégrader. De fait, entre la mise en place du système de « crédit social » 37 (et le fichage électronique des citoyens qui lui est consubstantiel 38 ), l’internement d’un million de Ouïghours 39 , la prise de contrôle de Hongkong en violation des engagements pris au moment de la rétrocession, les déclarations bellicistes à l’égard de Taiwan 40 , l’expansionnisme en mer de Chine du Sud 41 , la demande de censure adressée à Cambridge University Press ou à Springer 42 , l’inscription en 2017 de « la pensée de Xi Jinping, du socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » dans la charte du Parti 43 – et la création d’un institut dédié à l’exégèse et la diffusion de cette pensée 44 – ou encore la modification de la constitution intervenue en 2018 et qui permet désormais à Xi Jinping de briguer autant de mandats présidentiels qu’il le souhaite… la Chine fait preuve d’un manque certain de « soft power » pour reprendre le terme forgé par Joseph Nye il y a une trentaine d’années.

Développant une argumentation qui n’est pas sans faire penser aux passages des Quaderni qu’Antonio Gramsci consacre à l’hégémonie 45 , Joseph Nye écrit que « si un État peut rendre son pouvoir légitime aux yeux des autres, il rencontrera moins de résistance dans la réalisation de ses souhaits. Si sa culture et son idéologie sont attractives, d’autres seront plus enclins à le suivre. S’il peut établir des normes internationales cohérentes avec celles de sa société, il sera moins susceptible d’avoir à changer. S’il peut soutenir des institutions qui conduisent les autres États à canaliser ou à limiter leurs activités dans un sens qui a la préférence de l’État dominant, il pourra économiser le coûteux exercice du pouvoir coercitif ou « hard power » 46 . Dit simplement, « le soft power est le pouvoir d’attraction » 47 .

Conscient de ce déficit d’attractivité, Hu Jintao avait déclaré en 2006 : « L’amélioration du statut international de la Chine et de son influence internationale doit se refléter à la fois dans le hard power, notamment l’économie, la science et la technologie ainsi que la défense nationale et dans le soft power, par exemple la culture » 48 . Six ans plus tard, Xi Jinping lançait l’idée du « rêve chinois », le rêve d’une société modérément prospère, d’une fierté nationale retrouvée, de l’avènement d’une civilisation spirituelle socialiste… Les communicants politiques n’étant, et en Chine peut-être plus qu’ailleurs, jamais à court d’un nouveau slogan, l’année 2015 vit l’apparition de la « Solution chinoise », formule utilisée pour la première fois par Xi Jinping lors d’un message du nouvel an le 31 décembre 2015 et reprise notamment lors du 95ème anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois en juillet 2016. À cette occasion, le président déclara que le peuple chinois était « pleinement confiant dans sa capacité à apporter une solution chinoise à la recherche de meilleures institutions sociales par l’humanité » 49 .

Dans un contexte de violation caractérisé des droits de l’homme sur la scène nationale, contribuer à la mise en œuvre de l’accord de Paris ne peut que servir l’image de la Chine à l’étranger. C’est ainsi qu’en janvier 2017, juste après la victoire de Donald Trump et du retrait prévisible de Washington de l’accord de Paris, Xi Jinping insista lors du Forum de Davos sur le fait que les pays signataires de l’accord de Paris devaient « coller » à l’accord « plutôt que de s’en détourner ».

Si l’expression « solution chinoise » n’a pas été clairement définie, elle en dit néanmoins très long et sur la détermination de l’empire du Milieu à exercer un leadership sur les affaires du monde et sur sa confiance à y parvenir. Le discours sur le soft power peut alors servir à dissimuler les rapports de forces que Pékin, comme tout hegemon effectif ou potentiel, tente d’instaurer dans les relations internationales. Ainsi que le montre Philip Golub, les discours chinois sur le soft power, comme d’ailleurs leurs équivalents américains, dissimulent et minimisent les rapports de forces présents dans la politique internationale 50 .

Des engagements contraignants ?

Les raisons que nous venons de passer en revue se sont traduites par des engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris 51 . Dans sa « Contribution déterminée au niveau national » – autrement dit l’ensemble des engagements pris en décembre 2015 – Pékin a promis de plafonner ses émissions de CO2 autour de 2030 et de faire son possible pour y parvenir avant, de réduire ses émissions de CO2 par unité de PIB (son intensité carbone) de 60 à 65 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005, d’accroître la part des énergies non fossiles dans la consommation d’énergie primaire à environ 20 % et, enfin, d’augmenter son volume de forêt (forest stock volume) d’environ 4,5 milliards de mètres-cubes par rapport au niveau de 2005. Or, ces objectifs, notamment les trois premiers, sont potentiellement atteignables dans les délais annoncés. Et cela pour trois raisons principales.

La première réside évidemment dans le ralentissement de la croissance économique chinoise qui, dans le cadre d’une « nouvelle normalité » annoncée au milieu des années 2010 52 , se situe désormais un peu au-dessus de 6 %.

La deuxième est à chercher dans la tertiarisation de l’économie du pays. En effet, au cours des dix dernières années, l’économie chinoise est devenue une économie de services (Figure 2), ces derniers étant passés de 40 à presque 53 % du PIB tandis que l’industrie perdait 10 points en reculant de 49 à 39,9 %. Or, une étude menée sur la période qui va de 1992 à 2012 met en évidence que l’intensité carbone moyenne des services se situe en Chine à 67,5 tonnes de CO2 par millions de yuans de PIB tandis que celle de l’industrie atteint 838,7 tonnes, soit 12,4 fois plus 53 .

Figure 2 : Évolution de la composition sectorielle du PIB chinois 54

Quant à l’engagement d’améliorer de 60 à 65 % l’intensité carbone de l’économie, il sera lui aussi atteint pour une raison assez simple : il s’agit d’un indicateur qui s’améliore partout depuis plusieurs décennies sous l’effet conjugué de l’amélioration des rendements des dispositifs qui utilisent des combustibles fossiles et de l’évolution du mix énergétique au profit de technologies non directement émettrices de CO2 comme le nucléaire, l’éolien, le photovoltaïque, l’hydroélectricité… Ainsi que le montrent Jacques Percebois et Jean-Pierre Hansen, l’amélioration de l’intensité carbone d’une économie est étroitement liée à celle de son intensité énergétique. Or, l’amélioration de l’intensité énergétique d’un pays est un phénomène que l’on retrouve dans tous les pays industrialisés et qui s’est manifestée bien avant que ne se fassent jour les préoccupations liées au changement climatique 55 . S’agissant de la Chine, il est vrai que son intensité carbone a déjà fortement diminué (Figure 3) mais qu’il reste encore d’importantes marges de progression. En effet, les émissions de CO2 par dollar de richesse créé sont encore supérieures aujourd’hui en Chine (990 grammes) à ce qu’elles étaient aux États-Unis en 1971 (870 grammes). Quant à son intensité énergétique, comme on l’a vu plus haut, en l’espace de 40 ans son PIB a été multiplié par 26 et sa consommation énergétique par « seulement » 5.

Si les engagements pris en 2015 pourraient être atteints, même si en matière de prévisions il faut toujours se montrer prudent (en particulier s’agissant de la Chine !) d’autant plus que la présentation du nouveau plan quinquennal début mars dernier n’apporte pas d’éléments particulièrement probants 56 , qu’en est-il des nouveaux ?

Figure 3 : Émissions de CO2/PIB aux taux de change courant 57

Lors du sommet tenu (en visioconférence) en décembre 2020 pour marquer les 5 ans de l’accord de Paris et où les pays devaient faire des annonces révisant à la hausse leurs engagements climatiques, la Chine s’est engagée à plafonner ses émissions de CO2 « avant » 2030 et non plus « autour » de 2030, à réduire son intensité carbone de « plus de 65 % » et non plus « entre 60 et 65 % » et de monter la part des énergies renouvelables à 25 % des énergies primaires d’ici 2030 (on est déjà presqu’à 13 % comme on peut le voir dans la Figure 1). Pas d’avancées spectaculaires, donc, et ainsi des promesses qui seront tenues 58 .

En outre, il y avait eu l’annonce faite le 22 septembre précédent de parvenir à la neutralité carbone en 2060. Il est naturellement difficile de se prononcer sur une échéance aussi lointaine. Cependant, certaines simulations incitent à la prudence. Ainsi, les projections réalisées par l’Agence internationale de l’énergie mettent en évidence que si Pékin ajoutait aux politiques déjà mises en œuvre les mesures annoncées notamment dans le 13ème plan – ce que l’AIE nomme le scénario « nouvelles politiques » –, alors la consommation totale d’énergie passerait de 3 milliards de tonnes équivalent pétrole en 2016 à presque 3,8 milliards en 2040, soit une augmentation annuelle de 1 %. Dit autrement, malgré les considérables efforts déployés, la Chine sera donc encore en 2040 le premier consommateur de charbon au monde et en 2030 le premier consommateur de pétrole 59 . Il est difficile d’imaginer qu’elle sera à la neutralité carbone 20 ans plus tard.

Pékin n’a pas précisé si ses nouveaux objectifs concernaient les émissions domestiques ou également les investissements dans des centrales à charbon à l’étranger, en particulier le long des Nouvelles routes de la soie. Une question qui n’a rien de rhétorique quand on sait qu’au cours du premier semestre de 2020, la Chine a construit 60 % des nouvelles centrales à charbon dans le monde 60 . Les financements chinois de centrales à charbon à l’étranger devraient conduire à une augmentation des capacités de production de 74 GW entre 2000 et 2033. On estime que d’ores et déjà les centrales à charbon financées par la Chine à l’extérieure du pays représentent des émissions annuelles de 314 millions de tonnes de CO2, soit un peu moins que les émissions polonaises. On notera qu’une bonne partie des centrales vendues à l’étranger sont d’une technologie dépassée et ne pourraient plus être installées en Chine où les normes se sont considérablement durcies  61 !

Certes, les nouvelles centrales construites en Chine sont dites « supercritiques » ou « ultrasupercritiques » et représentent en 2018 respectivement 19 et 25 % du parc national. À titre de comparaison, les États-Unis, quant à eux, ne possèdent au même moment qu’une seule centrale ultrasupercritique. Les résultats sont au rendez-vous : « Le déploiement de ces technologies a fait baisser significativement la consommation de charbon, et donc les émissions de CO2, par unité d’électricité produite : en 2006, il fallait plus de 340 grammes de charbon pour produire un kilowattheure, en 2018, il en fallait en moyenne 308. Dans les cent centrales les plus performantes, la consommation de charbon descend même à 286 g/kWh » 62 . Le recours à ce type de centrales résulte de la prise de conscience que la diversification du mix énergétique ne sera probablement pas suffisante pour réduire les émissions polluantes et les rejets de CO2 aussi rapidement que souhaité.

Pour autant, certaines informations demeurent préoccupantes. Ainsi un rapport paru en septembre 2018 mettait en évidence qu’un total de 259 GW de capacités de production d’électricité par des centrales à charbon était en cours de construction en Chine, un montant qui représente environ la capacité de production de la totalité des centrales à charbon américaines (266 GW) ! Ces 259 GW viennent s’ajouter au 993 GW déjà installés et compromettent l’objectif que s’était fixé Pékin de ne pas dépasser 1 100 GW de production d’électricité grâce au charbon au cours du 13ème plan 63 . Un an plus tard, un autre rapport montre qu’entre 2018 et juin 2019, la Chine a augmenté sa capacité de production d’électricité par des centrales à charbon de 42,9 GW tandis que le reste du monde l’a réduite de 8,1 64 .

Conclusion

Au terme de cet article, il apparaît assez clairement que l’évolution de la position chinoise que nous pointions au-début de cet article reflète finalement assez fidèlement la mutation des intérêts de Pékin. Ceux-ci s’incarnent aujourd’hui dans des engagements chiffrés uniquement sur des indicateurs d’intensité (quand l’UE adopte depuis le Protocole de Kyoto des objectifs de quantité), des promesses non chiffrées à long terme, une année de référence dans le futur… et une intense communication internationale sur le sujet de l’urgence climatique.

Cela ne veut pas pour autant dire que la Chine ne fait pas de nombreux efforts souvent couronnés de succès. Ainsi, la qualité de l’air s’améliore dans les villes chinoises. La concentration de PM2,5 en Chine aurait baissée de 43,7 % entre 2012 et 2018 ce qui aurait fait baisser le nombre annuel de décès prématurés de 3,9 à 2,4 millions. Il est vrai qu’en étant à l’origine de 28 % des émissions mondiales de CO2, la Chine peut agir sur le climat terrestre, et donc sur les conditions météorologiques prévalant sur son propre territoire.

L’élection de Joe Biden va changer la structure du duopole sino-américain sur le climat. Sans doute pour le mieux si l’on constate l’émergence d’un leadership collectif. Mais la prudence s’impose. Comme l’écrivait Paul Valéry en 1935, nous vivons une époque où « toute prévision devient […] une chance d’erreur ».

Notes

  1. « Welcome to real world of climate change », China Daily, 2012.
  2. « No cooling » The Economist, 2017.
  3. Texte intégral du rapport de Xi Jinping au 19ème Congrès national du PCC.
  4. Banque Mondiale, OCDE, « PIB par habitants (unités de devises locales constantes) », consulté le 26 janvier 2021.
  5. IEA, « CO2 emissions from fuel combustion », 2019.
  6. Sources : BP, « BP Statistical Review of World Energy », 2002 et 2020. Renouvelables : solaire + éolien.
  7. IEA, « CO2 Emissions From Fuel Combustion. Highlights », 2019.
  8. The Economist, « Pocket World in Figures. 2013 », Profile Books, 2012.
  9. B. Pedroletti, H. Thibault, « Pékin émerge du cauchemar de la pollution », Le Monde, 2013.
  10. H. Thibault, « Les villes de Chine contraintes de rendre leur air transparent », Le Monde, 2013
  11. M-C. Bergère, « Chine. Le nouveau capitalisme d’État », Fayard, 2013.
  12. K. Matus et al., « Health damages from air pollution in China », Global Environmental Change, n° 22, 2012.
  13. B. Vermander, « Chine brune ou Chine verte ? Les dilemmes de l’État-parti », Les Presses de Sciences Po, 2007.
  14. R. A. Rohde, R. A. Muller, « Air Pollution in China: Mapping of Concentrations and Sources », 2015.
  15. K. Vohra et al., « Global mortality from outdoor fine particle pollution generated by fossil fuel combustion: Results from GEOS-Chem », Environmental research, 2021.
  16. N. Salmon, Chapitre 4 : « Analyse d’une mobilisation environnementale : inquiétudes sanitaires et enjeux politiques liés à la pollution de l’air par les microparticules », in J-P. Maréchal (éd.), La Chine face au mur de l’environnement ?, CNRS Editions, 2017.
  17. J-F. Huchet, La crise environnementale en Chine, Les Presses de Sciences Po, 2016.
  18. En 2005, sur 87 000 « incidents de masse » recensés, 51 000 (58%) étaient liés à des problèmes de pollution. Même si leur nombre n’est plus publié officiellement depuis 2010, on estime qu’il y en aurait 150 000 par an. Voir B. Pedroletti et F. Lemaître, « Chine 70 ans de règne de l’État-parti », Le Monde, 2019. Certaines sources avancent le chiffre de 180 000. Voir F. Godement, Que veut la Chine ?, Odile Jacob, 2012 et J-P. Maréchal, Chine/USA. Le climat en jeu, Choiseul, 2011.
  19. J-F. Huchet, op. cit.
  20. J-M. Chaumet, Chapitre 12 : « L’impact des problèmes environnementaux agricoles sur le commerce et les relations internationales chinoises », in J-P. Maréchal (éd.), La Chine face au mur de l’environnement ?, op. cit.
  21. J-F. Huchet, op. cit.
  22. Y. Jian, « China’s River Pollution ‘a Threat to People’s Lives’ », Shanghai Daily, 2012.
  23. J-F. Huchet, op. cit.
  24. H. Thibault, « La Chine s’inquiète de la montée du niveau de la mer sur son littoral », Le Monde, 2011.
  25. The Economist, « No Cooling », op. cit.
  26. [ndlr] Pour un état des lieux actuels de la pollution de l’environnement en Chine, voir l’article de S. Monjon et L. Boudinet intitulé « État de l’environnement en Chine : quelles évolutions ces dernières années ? », page 126.
  27. European Union Chamber of Commerce in China, « China Manufacturing 2025. Putting Industrial Policy Ahead of Market Forces », 2017.
  28. J-P. Maréchal, « Le décollage de l’aéronautique ‘vert’, effet ‘secondaire’ de la crise de la Covid-19 ? », Choiseul Magazine, 2020.
  29. IRENA, « Renewable Energy and Jobs – Annual Review 2017 », 2017.
  30. A. Myer Jaffe, « Green Giant. Renewable Energy and Chinese Power » Foreign Affairs, 2018.
  31. S. Roger, « Trump brouille les négociations climatiques », Le Monde, 2017.
  32. « The East is Green », The Economist, 2018.
  33. France Stratégie, « L’avenir de la voiture électrique se joue-t-il en Chine ? », La Note d’analyse n° 70, 2018.
  34. A.Myer Jaffe, op. cit.
  35. A.Myer Jaffe, op. cit.
  36. « Petrostate v electrostate », The Economist, 2020.
  37. « Creating a digital totalitarian state », The Economist, 2016 ; « Keeping tabs », The Economist, 2019.
  38. B. Pedroletti, « En Chine, le fichage high-tech des citoyens », Le Monde, 2018.
  39. Monde chinois nouvelle Asie, L’envers des routes de la soie : analyser la répression en région ouïghoure, 2020.
  40. « Dire strait », The Economist, 2019.
  41. Y. Roche, « La stratégie de Pékin en mer de Chine du Sud : entre séduction et coups de force », Diplomatie, Les grands dossiers, Géopolitique de la Chine, 2018.
  42. « At the sharp end », The Economist, 2019.
  43. B. Pedroletti, « À Pékin, le sacre de Xi Jinping », Le Monde, 2017.
  44. « Mind-boggling », The Economist, 2018.
  45. Pour Antonio Gramsci (1891-1937), une politique menée par un groupe social donné peut être qualifiée d’hégémonique si elle bénéficie du consentement des classes dominées. Forgé initialement pour analyser le fonctionnement de la politique intérieure des États, et en particulier de l’Italie depuis le Risorgimento, le concept d’hégémonie a connu ses plus importants développements dans l’étude des relations internationales.
  46. J. Nye, « Soft Power », Foreign Policy, 1990.
  47. J. Nye, Soft Power, the Means to Succeed in World Politics, Public Affairs, 2004.
  48. P. Golub, « Soft Power, Soft Concepts and Imperial Conceits », Monde chinois nouvelle Asie, 2020.
  49. « Tortoise v hare », The Economist, 2017.
  50. P. Golub, op. cit.
  51. Les nombreuses mesures de politique intérieure ne sont ici pas évoquées.
  52. H. Angang; « Embracing China’s ‘New Normal’ », Foreign Affairs, 2015.
  53. X. Zhao, « Decoupling Economic Growth from Carbon Dioxide Emissions in China: A Sectoral Factor Decomposition Analysis », Journal of Cleaner Production, 2017.
  54. Sources : The Economist, Pocket World in Figures 2011,Profile Books, 2010 et Pocket World in Figures 2021, Profile Books, 2020.
  55. J. Percebois, Chapitre 49 « Énergie » in Xavier Greffe et al. (dir), Encyclopédie économique, Economica, 1990 et J-P. Hansen et J. Percebois, Énergie. Économie et politiques, De Boeck, 2015.
  56. AFP, « Émissions de CO2 : brouillard sur les prévisions chinoises », 2021.
  57. Source: International Energy Agency, CO2 Emissions From Fuel Combustion, 2017 Edition.
  58. A. Garric, « De timides avancées sur le climat », Le Monde, 2020 ; A. Garric, « 2021, année cruciale dans la lutte contre le dérèglement climatique », Le Monde, 2021.
  59. International Energy Agency, World Energy Outlook 2017, OECD/IEA, 2017.
  60. « A greener horizon », The Economist, 2020.
  61. S. Nicholas, « A New Generation of Coal Power in Belt and Road Countries Would Be Toxic for the Environment and for China’s Reputation », South China Morning Post, 2019.
  62. T. Laconde, « Transition énergétique ; des efforts qui tardent à payer », La Jaune et la Rouge (École Polytechnique), 2019.
  63. C. Shearer et al., « Can China’s central Authorities Stop a Massive Surge in New Coal Plant Caused By Provincial Overpermitting? », CoalSwarm, 2018
  64. C. Shearer et al., « Out of Step. China Is Driving the Continued Growth of the Global Coal Fleet », Global Energy Monitor, 2019.
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Jean-Paul Maréchal, La realpolitik climatique chinoise, Groupe d'études géopolitiques, Sep 2021.

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